Je ne serai pas présente à l’exposition « Rinascimento Virtuale ».
Deux raisons principales interviennent dans ce choix. La première est d’ordre personnel et restera confinée dans ma vie réelle que je refuse de mélanger à ma vie virtuelle. La seconde est liée à mon sentiment étrange de ne pas être en accord avec « l’expression artistique » que semble traduire ce salon.
En effet et au risque de m’exposer à des critiques violentes, je ne comprends pas que l’on puisse associer l’art avec un filtre graphique complètement assisté par l’outil informatique.
Je comprends encore moins que l’on puisse s’émerveiller d’une capture d’écran en haute résolution et dont la seule résultante « graphique » provient d’un simple clic à la souris !
Enfin, je ne comprends pas que l’on s’honore du titre d’artiste sous prétexte que l’on est confirmé dans l’utilisation d’un logiciel de retouche d’image.
Je ne comprends pas et ne souhaite pas comprendre car cela est nuisible à mon équilibre précaire, à mes voyages immobiles, à cette affection profonde que je porte à ces artistes qui m’enlèvent au-delà du réel, au delà même du virtuel… A ces talentueux créateurs qui dessinent sans avoir à user d’une carte graphique gonflée en mémoire et de la puissance d’un processeur dernière génération. A ces esprits libres qui créent pour fuir une condition et une reconnaissance nuisible à leurs propres rêves. A ces âmes nées avec cette réelle différence de se baigner dans la source sans être dans l’artifice.
Je ne serai pas présente à l’exposition « Rinascimento Virtuale » parce que j’ai la délicatesse de préserver l’Art au regard des effets spéciaux et de ranger mes travaux graphiques autour de Second Life comme des réalisations techniques sans y chercher une résonance artistique.
Créer pour vivre ou vivre pour créer : toute la différence entre l'artiste et l'artisan. [M.Polac]








